Le projet


Le projet en quelques mots

Des photographes professionnels ont accompagné pendant cinq mois des groupes mixtes de nouveaux arrivants en France et de participants locaux dans la création de séries photographiques personnelles, dans plusieurs villes de l’Hexagone.

En tout, le projet a réuni 63 photographes novices entre novembre 2019 et mars 2020, à Paris, Lyon, Rouen, Cluny et Tramayes, en Bourgogne. Encadrés par des professionnels, ils ont appréhendé l’ensemble du processus photographique grâce à une quinzaine d’ateliers dans chaque ville : réflexion autour d'un sujet, prise de vue et choix des images.

Chaque participant a ainsi constitué sa propre histoire photographique sur un thème qui lui tenait à coeur. Parmi les nouveaux arrivants, certains ont souhaité évoquer leur expérience d’exil ou leur quotidien en France, d’autres ont choisi de porter leur regard sur des sujets totalement différents. Le résultat ? Un patchwork éclectique d’images personnelles, comme autant de regards artistiques singuliers. L’ensemble des 36 séries photographiques achevées sont visibles sur Raconte.net.

Le travail des participants aboutit à l’organisation d’expositions et à la création d’un catalogue.

Le projet est porté par l’association lyonnaise Dialogues en photographie. Depuis 2013, elle construit des projets créatifs en direction de personnes éloignées de l’offre culturelle et s’attache à tisser des liens, éveiller la créativité et offrir à ce public la possibilité de s’exprimer.

Pourquoi ce projet

Pour les nouveaux arrivants, nous souhaitions offrir un espace d’expression et de création sur du long terme, encadrés par des professionnels.

Pour tous les participants, ce fut l’occasion de se questionner sur les possibilités de raconter une histoire en image et d’oser créer

Mixer deux publics différents (migrants et locaux), peu amenés d’ordinaire à se côtoyer, a permis d’aménager un espace de rencontres horizontales, pour apprendre et créer ensemble.

En présentant ce travail, nous souhaitons également proposer à un large public un changement de perspective sur les questions de l’exil et de l’accueil, en mettant en avant le regard (et le talent !) des participants, avant leur statut.

Nous souhaitons donner la parole à des personnes qui ne l'ont pas et qui sont pourtant des héros de notre temps. D'une part, ceux qui ont tout laissé derrière eux pour se lancer dans le vide, vers une autre vie. D'autre part, ceux qui donnent leur temps et leur énergie à les accompagner.

À la fois seuls avec leur appareil et en groupe lors des ateliers, on les a imaginés nous raconter des univers, des histoires, des silences. On les a imaginés nous surprendre. Pour nous, la photographie permet de raconter ce qui se voit mais aussi ce qui ne se voit pas. Elle est un langage qui permet de partager un regard. On a voulu partager ce que l'on connait, la photographie, car on sait ce qu'elle nous apporte.

KENIA SADOUN ET ANTOINE BOUREAU, PORTEURS DU PROJET


Comment est né ce projet

La rencontre en janvier 2019 des photographes Kenia Sadoun et Antoine Boureau a provoqué l’étincelle décisive pour se lancer dans cette aventure !

Kenia, diplômée d’un master de Photographie en 2017, a collaboré à de multiples reprises avec des personnes réfugiées dans des associations. Bénévole à Singa, elle a travaillé pour Forum réfugiés en France et mis en place des ateliers de photographie dans un camp de réfugiés en Grèce pour l’ONG Allemande Soup & Socks. Antoine, fondateur de l’association Dialogues en photographie, souhaitait initier un projet de long terme auprès d’un public réfugié après plusieurs actions en direction des jeunes.

Forts de leurs expériences dans la mise en place d’ateliers photographiques pour des publics débutants et propulsés par une envie commune, ils ont unis leurs forces pour créer RACONTE. Coordinateurs du projet, ils ont également assuré les ateliers photo à Lyon.

Une équipe d’auteurs photographes indépendants a ensuite rejoint le projet, pour décliner le concept dans plusieurs villes de France. Gilberto Güiza et Victor Point à Paris, Florence Brochoire et Marie-Hélène Labat à Rouen, et Lucie Moraillon à Tramayes et à Cluny ont mis leurs compétences et leurs convictions au service de RACONTE.

Les photographes intervenants


LYON
  • Kenia Sadoun • www.keniasadoun.com
  • Kenia Sadoun se promène avec un appareil photographique depuis ses 14 ans et son parcours est toujours resté associé à l'image. Elle développe très vite une approche documentaire avec un goût particulier pour la photographie argentique et les procédés anciens. Diplômée en master de Photographie en 2017, elle débute son activité professionnelle en accompagnant des étudiants en situation de handicap, en animant le labo photo argentique de l’université Lyon 2 et en assistant le photographe des archives de la Métropole de Lyon. Dès la fin de ses études, elle se consacre à créer le festival de photographie Aperçu dont la première édition en juin 2017 est orienté sur la photographie argentique. Ayant à cœur de rester ouverte sur d’autres activités et de ne pas être seulement spectatrice des causes qui lui sont chères, elle s’engage auprès des personnes réfugiées dans le milieu associatif, puis professionnellement, en tant que chargée de vie collective à Forum Réfugié. Un engagement qui prend aussi la forme d'un travail photographique intitulé "HabibiWorks". Un reportage réalisé auprès des réfugiés lors d’une étape de son voyage par la route de la Soie au retour du Sri Lanka en 2018. Kenia est également co-éditrice de la revue BOP et membre du collectif de photographes éponyme.

  • Antoine Boureau • www.antoine-photos.com
  • Pendant ses années lycée, Antoine Boureau plonge dans la photographie grâce à Jean-Luc Charles et Michel Lecoq photographes-poètes. Quelques années passent, puis après avoir terminé un BTS Audiovisuel à Cannes, il devient photographe. Nous sommes en 2007.

    Deux ans plus tard il entreprend un voyage au long cours, 18 mois qui l’emmèneront du Moyen-Orient jusqu’en Papouasie Nouvelle Guinée. Il prend alors goût au photo-reportage et revient avec son premier travail sur l’enfance.

    Engagé dans une photographie documentaire et passionné par la magie de la rencontre, Antoine aime prendre le temps de laisser les personnes se dévoiler à lui. Créer un lien, saisir une sensibilité puis la partager avec elles et le monde, grâce à la photographie. Où qu’il soit, il recherche dans son travail l’instant d’abandon qui révèle l’homme, fragile, dans sa complexité.

    Aujourd’hui, son temps se partage entre un travail personnel sur la jeunesse entamé en 2017, des reportages visibles sur ce site et des ateliers menés avec l’association Dialogues en photographie.

    PARIS
  • Gilberto Güiza • www.gilbertoguiza.com
  • Gilberto Güiza-Rojas est né en Colombie en 1983, habite et travaille à Paris. Il est diplômé du master de photographie et art contemporain à l’université Paris 8 et il est membre fondateur du groupe Diaph 8.

    Dans son travail, l’artiste explore des activités manuelles ne relevant pas du savoir-faire de l’artisanat. Une grande ambiguïté persiste vis-à-vis de ce type d’activité, de son importance et de la relative invisibilité de ses exécutants.

    À travers la photographie et la vidéo, son œuvre observe la place de l’individu au travail, en détournant les gestes et l’esthétique de leur représentation.

  • Victor Point • www.victorpoint.net
  • Journaliste et photographe, Victor Point cherche à raconter les sociétés à hauteur humaine, que ce soit au Japon, en Nouvelle-Calédonie ou dans le Nord. Depuis peu, il travaille sur le rapport des jeunes à leur territoire. Investi dans le champ de l'éducation aux médias, il défend aussi une éducation à l'image, pour que chacun reprenne le pouvoir sur ce mode d'expression et apprenne véritablement à s'en servir.

    ROUEN
  • Florence Brochoire • www.florencebrochoire.com
  • Passionnée par l’image et ses possibilités de rendre sensible toutes sortes de réalités, Florence Brochoire suit des études de montage et de réalisation documentaire. En parallèle, elle réalise ses premiers reportages photographiques. Ses travaux personnels sont axés sur l’humain, dans toutes ses forces, ses fragilités et les complexités qui lient les Hommes entre eux.

    Elle devient photographe indépendante en 2001.

    Trois fils conducteurs guident son travail : l’enfermement (« Être singuliers »), la notion de transmission (« Ma mère est née là-bas », « Traces », « Sorties de l’ombre ») et l’engagement des femmes (« Sorties de l’ombre », « Femmes de Dieu »). Sa formation l’amène à réaliser régulièrement des films alliant images fixes, sons et/ou vidéo.

  • Marie-Hélène Labat • www.mariehelenelabat.com
  • Marie-Hélène Labat vit à Rouen et travaille en Normandie. Elle utilise la photographie et la vidéo dans une démarche documentaire qui interroge la place de l’homme dans son environnement.
    Régulièrement elle fait des incursions dans le champ de la photographie plasticienne ou du Street-Art, ainsi les frontières entre documentaire et fiction s’estompent et créent de nouvelles esthétiques.
    Lorsqu’elle voyage c’est pour rencontrer les autres, du peuple Tamberma au nord du Togo aux acadiens du Québec, en passant par ces américains à la veille de l’élection présidentielle en 2016, elle questionne les cultures, les identités.
    Éprise de nature c’est naturellement qu’elle milite à sa façon avec sa série « Adopter un arbre », un fil conducteur qui la guide depuis longtemps sur tous les continents et qui lui permet de créer du lien et d’aborder la question de notre rapport au vivant.

    TRAMAYES ET CLUNY
  • Lucie Moraillon • www.luciemoraillon.com
  • La photographie est une fidèle et ancienne amie de Lucie. A 9 ans, elle reçoit en cadeau un appareil, puis, encouragée par ses proches et ses rêves, elle chemine et grandit, la photographie à ses côtés. Elle en fait son métier qu’elle apprend à Paris de 2004 à 2007 à l’École Louis Lumière puis auprès de ceux et celles qui l’inspirent et l’aident à trouver, à consolider son approche à elle. Dès le départ ses activités s’articulent autour de trois dimensions complémentaires : son travail personnel, celui de commande et ses ateliers. Sa photographie est toujours une histoire de rencontres. Elle explore des relations qui se tissent, avec ceux qui la touchent, souvent ceux qui ne font pas partie a priori de son univers, mais qui, grâce à la photographie, le deviennent. Lors des ateliers qu’elle met en place, elle fait émerger des images dans des lieux où elle s’installe un moment; dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban, auprès de jeunes des banlieues lyonnaises, dans un petit village égyptien… Ce qui lui tient à cœur, c’est que chacun trouve ce que la photographie lui permet de vivre “en plus”. Originaire de Dijon, après quelques voyages et quelques années à Paris puis à Lyon, Lucie vit dans un hameau du clunisois. Elle participe en 2017 à la création d’une galerie associative à Cluny, Les Mains Libres, où elle expose ses photographies et invente cet espace avec ses amis artistes.

    Partenaires financiers

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    Partenaires opérationnels

    Amii, Association Action et Médiation Interculturelle pour l'intégration à Rouen, Singa France, Centre Nouvelle Athènes de Paris, La Maison de l'Éducation Lyon 1er, Mairie de Tramayes, Galerie Les Mains Libres à Cluny